Bonjour à tous,

Voici le quatre-vingt-et-unième billet de mon feuilleton
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Les musulmans ne sont pas des bébés phoques

Pour en finir avec notre déni !

http://andreversaille.blog.lemonde.fr
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À ceux qui prennent ce feuilleton en cours, je les invite à commencer par lire l’Avertissement, puis les deux premiers billets qui les éclaireront sur mon propos :

1. De notre irrépressible besoin de rallier le parti des idiots utiles
2. « Non seulement nous avions tort, mais c’étaient nos adversaires qui avaient raison. »

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81. Refus de la mixité et sexisme dans certaines cités

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Cela fait des années que l’on voit l’islamisme irriguer des banlieues et y imposer progressivement sa loi, notamment sur les femmes. Nombre d’entre elles sont surveillées et leur liberté s’y restreint chaque jour davantage. Elles ont non seulement perdu le droit de s’habiller comme elles l’entendent sous peine d’être insultées, voire molestées, mais, ainsi qu’un reportage diffusé le 16 décembre 2016 sur France 3 l’a montré, dans plusieurs quartiers de la périphérie de Paris et de Lyon, par exemple, elles deviennent de plus en plus indésirables dans l’espace public. Là, pour une femme, se promener en jupe ou prendre un verre en terrasse s’apparente, aux yeux de certains musulmans, à une attitude de défi. Dans le reportage, une femme, Aziza Sayah, déclare : « Pour moi, l’islam, c’est comme le Code pénal, maintenant “Ça, c’est interdit ! Ça, c’est interdit ! Tout est interdit !” On est en France, quand même ! » Le reportage montre des femmes résignées comme cette assistante maternelle qui fait tout pour ne pas être remarquée : « Je mets des vêtements sombres, des pantalons, pas de jupe, pas de maquillage. On s’efface. – Pourquoi ? – Parce qu’on a peur, tout simplement[1] ! »

De leur côté, Michèle Tribalat et Hélène Kaltenbach signalent que le nombre des mariages forcés (des dizaines de milliers de jeunes Françaises) est en augmentation. Elles dénoncent également l’obsession de la dissimulation totale du corps féminin considérée comme le summum de la pudeur, et s’interrogent : « Est-ce un hasard si les jeux de la séduction, qui constituent une forme de civilité, se raréfient dans nos banlieues au profit des viols en bandes organisées[2] ? »

Or, en 2004, le rapport Obin parlait déjà de régressions de la condition féminine au collège. C’est là, disait-il, le « côté le plus grave, le plus scandaleux et en même temps le plus spectaculaire de l’évolution de certains quartiers[3] ». Les enquêteurs semblent avoir eu du mal à en croire leurs yeux : « Le simple fait de déambuler aux abords d’une école ou d’un collège constitue parfois un véritable choc. Partout le contrôle moral et la surveillance des hommes sur les femmes tendent à se renforcer […], à prendre des proportions obsessionnelles. Il faut avoir vu ces femmes entièrement couvertes de noir, y compris les mains et les yeux, accompagnées d’un homme, […] parfois un pliant à la main pour qu’elles n’aient pas à s’asseoir sur un endroit “impur”, que plus personne ne semble remarquer tant elles font partie du paysage, et dont personne ne semble s’offusquer de la condition, pour saisir […] la formidable régression dont nous sommes les témoins. » Les femmes, mais aussi les adolescentes et même les fillettes : « Alors que l’on observe de plus en plus souvent des fillettes voilées, les adolescentes font l’objet d’une surveillance rigoureuse, d’ailleurs exercée davantage par les garçons que par les parents. Un frère, même plus jeune, peut être à la fois surveillant et protecteur de ses sœurs. »

À côté des fréquentations et des comportements, poursuit le rapport, le vêtement est souvent l’objet de prescriptions rigoureuses : « Comme le maquillage, la jupe et la robe sont interdits, le pantalon est sombre, ample, style “jogging”, la tunique doit descendre suffisamment bas pour masquer toute rondeur. Dans telle cité […] les filles doivent rester le week-end en pyjama afin de ne pouvoir ne serait-ce que sortir au pied de l’immeuble. Dans tel lycée elles enfilent leur manteau avant d’aller au tableau afin de n’éveiller aucune concupiscence. » Presque partout la mixité est dénoncée, pourchassée et les lieux mixtes comme les cinémas, les centres sociaux et les équipements sportifs sont interdits. « À plusieurs reprises on nous a parlé de la recrudescence des mariages traditionnels, “forcés” ou “arrangés”, dès quatorze ou quinze ans. Beaucoup de jeunes filles se plaignent de l’ordre moral imposé par les “grands frères”, peu osent parler des punitions […] qu’on leur inflige en cas de transgression et qui peuvent revêtir les formes les plus brutales […]. Les violences à l’encontre des filles ne sont hélas pas nouvelles, ce qui l’est davantage est qu’elles puissent être commises de plus en plus ouvertement au nom de la religion. »

Et le rapport fait état de nombreuses critiques tournant autour de la mixité, ou « de la préservation de la “pudeur” des filles ». Des manifestations de nature religieuse perturbent souvent les cours d’éducation physique et sportive, et l’absentéisme ou le rejet de certaines activités sont fréquents, notamment en piscine et en plein air. Un nombre croissant d’élèves refuse de porter les tenues sportives réglementaires qu’ils remplacent, chez les filles mais aussi chez les garçons, par d’autres vêtements qui dissimulent le plus possible les formes de leur corps. « Certains comportements révèlent les conceptions obsessionnelles de la pureté de certains prescripteurs, comme le refus de se baigner dans “l’eau des filles” ou dans celle des “non musulmans”[4]. »

Cette situation, nous ne voulons pas la voir non plus. Au nom du droit à la différence, on répondra qu’il faut cesser de toujours stigmatiser les musulmans (lorsqu’il s’agit de musulmans, pointer un problème revient toujours à stigmatiser), que c’est culturel, que ce sont leurs traditions, et que ce n’est pas en revenant à chaque fois sur ce genre d’incident que l’on fera avancer les choses. Cette attitude est également adoptée par les autorités politiques, de haut en bas. Quand des parents, inquiets de voir leur enfant changer de comportement, d’habitudes vestimentaires (le voile pour les filles), contester l’école, adopter un langage religieux radical, alertent les autorités, celles-ci, jusqu’à présent, justifient leur refus d’intervenir parce qu’il s’agit là d’une conduite relevant du religieux, que cela participe de la sphère privée, et qu’elles n’ont pas vocation à juger du degré de religiosité des adolescents.

Paresse ? Lâcheté ? Un mélange des deux ? Quoi qu’il en soit, cette démission a contribué, au moins partiellement, à la rupture de ces jeunes avec leurs familles et à leur dérive sectaire.

Mercredi prochain, je vous entretiendrai de l’antisémitisme et du racisme anti-blanc dans certaines cités.

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Mercredi 24 janvier : Antisémitisme et racisme anti-blanc dans certaines cités.

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[1] http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-3/
[2] Michèle Tribalat, Hélène Kaltenbach, La République et l’Islam. 
Entre crainte et aveuglement, Paris, Gallimard, 2002.
[3] Rapport Obin, Les Signes et Manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires. Rapport à Monsieur le ministre de l’Éducation nationale, de l ’Enseignement supérieur et de la Recherche. Le rapport a été publié, accompagné de commentaires de vingt auteurs, journalistes, directeurs d’école, enseignants, sous le titre : L’École face à l’obscurantisme religieux, Max Milo, 2014.
[4] Ibid. 


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Rappel des précédents billets :

1. De notre irrépressible besoin de rallier le parti des idiots utiles
2. « Non seulement nous avions tort, mais c’étaient nos adversaires qui avaient raison. »
3. Dieu que l’émancipation était belle au temps des colonies !
4. De la gueule de bois des décolonisés
5. De la dictature sans faille : une nécessité patriotique
6. De la guerre d’Algérie, à l’origine de notre engagement tiers-mondiste
7.Du facteur religieux du FNL, une ignorance du monde intellectuel progressiste
8. Démocratie ! Laïcité ! Des discours à l’usage des Occidentaux
9. « Personne ne voulait savoir la torture et l’absence totale de démocratie »
10. De notre posture de dominants repentis
11. De l’esclavage condamné ou ignoré selon l’identité des esclavagistes
12. De la colonisation arabe-musulmane, un fait historique mal connu en Occident
13. Un syndrome colonial ?
14. Du retour inattendu de la tyrannie religieuse
15. Sommes-nous en guerre contre le terrorisme islamiste ?.
16. Si nous sommes en guerre, est-elle de religion ?
17. De l’illusion de croire que l’on choisit ses ennemis
18. Allahuakbar Charlie !
19. Une manifestation pétainiste ?
20. Je suis Charlie versus Je ne suis pas Charlie
21. De l’héritage de Voltaire et de ce que nous n’en avons pas fait
22. De la religion utilisée comme idéologie
23. « Mais d’abord, écrasez l’Infâme ! »
24. D’une scolastique, l’autre, en sautant par-dessus les Lumières
25. De Sartre à Badiou, l’émergence d’une scolastique new look ?
26. De la Révolution, sainte, libératrice et purificatrice
27. Retour à notre événement fondateur, la Révolution soviétique
28. De ces étranges procès en sorcellerie
29. D’un livre coup de tonnerre
30. De cette invention de la CIA : les camps de concentration soviétiques
31. De Simone de Beauvoir et de sa justification de la violence révolutionnaire
32. De la Terreur rouge employée comme arme contre une classe vouée à périr et qui ne s’y résigne pas
33. Du procès Kravchenko
34. Des intellectuels ralliés au PCF et de l’importance de ne pas désespérer Billancourt
35. De Sartre et du rapport attribué au camarade Khrouchtchev
36. De l’arrivée de Soljenitsyne, son Archipel du Goulag sous le bras
37. Du rejet de Staline de la glorification de Mao
38. De l’intelligentsia parisienne conquise pas les maos
39. D’un remake : après Staline, Mao
40. De Sollers et des telqueliens patinant joyeusement entre contestation maoïste et mondanités structuralistes
41. Des Habits neufs du président Mao
42. Du terrorisme tenu pour une réaction d’opprimés
43. Du sentiment de l’humiliation et de l’auto-victimisation
44. Du monde islamique vu comme un gigantesque Clichy-sous-Bois
45. De la conviction que les islamistes finiront par nous rejoindre
46. De l’islamisme mouvement idéologique souverain de restauration
47. Le djihadisme, fruit de l’islam : le témoignage par l’histoire du wahhabisme
48. L’islamisme, résultante de l’échec de la décolonisation et du nationalisme nassérien
49. La démocratie dans le monde musulman
50. Notre mantra : « Attention, islamophobie ! »
51. Le terme d’islamophobie son origine et son instrumentalisation
52. La lutte contre l’islamophobie, une stratégie mondiale
53. Les ravages provoqués par l’application d’une loi anti-blasphème
54. Le multiculturalisme, fruit d’un tiers-mondisme dévoyé ?
55. Les coquetteries poétiques d’un haut-fonctionnaire multiculturaliste
56. Quand Kamel Daoud est accusé d’islamophobie
57. Le viol et le déshonneur de certains sociologues « progressistes ».
58. « Le culturalisme est l’arme des terroristes ! »
59. Le racisme, le pire des maux ?
60. Cet étrange antiracisme nouvelle mode
61. La laïcité battue en brèche par l’antiracisme..
62. Les droits de l’homme en terre d’islam
63. Edwy Plenel en Brigitte Bardot
64. Tout pour les musulmans, rien par les musulmans ?
65. L’islamisme, un problème en France ou dans le monde ?
66. L’Islamisme rien à voir avec l’islam ?
67. « L’assimilation est une injonction terrifiante ! »
68. Du passé faisons table rase, et en avant pour la grande lessive….
69. L’UE, victime de l’absence de tout « roman européen » ?
70. Vers une culture rikiki ?
71. Vers une culture rikiki ? (Suite)
72. Tariq Ramadan stratège : « Il faut intérioriser la sensibilité des musulmans de France ! »
73. Tariq Ramadan : « Les droits du croyant opposés aux droits humains ? »
74. D’un sacré, l’autre
75. Le communautarisme, effet du multiculturalisme.
76. Une société d’accueil excluante et raciste ?
77. Un réseau de prédateurs sexuels pakistanais, connu des services de police, laissé libre d’agir par peur d’être considérés comme islamophobes.
78. Une dissonance identitaire traduite en contestation violente
79. L’École face à l’obscurantisme religieux : ce que révèle le Rapport Obin
80. Dans plusieurs écoles, des pans entiers de l’enseignement sont refusés par des élèves
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Merci pour vos lectures, et surtout n’hésitez pas à laisser vos commentaires, vos critiques ou témoignages sur la page même des billets afin de susciter le débat !
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André Versaille

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