Bonjour à tous,

J’entreprends aujourd’hui un feuilleton publié en ligne sur le site du Monde. Il s’intitule :

Les musulmans ne sont pas des bébés phoques

De notre déni considéré comme l’un des beaux-arts.

http://andreversaille.blog.lemonde.fr

Ce feuilleton, première version d’un livre à paraître à la rentrée, traite du malaise de bien des « progressistes » face à un certain islam sectaire tyrannique, au point de traiter, de manière quasi pavlovienne, d’islamophobes et de racistes ceux qui prennent la liberté de le critiquer. L’embarras est tel, que beaucoup répugnent jusqu’à prononcer le mot d’islamisme, et se réfugient dans le déni.

Cette marotte n’est pas nouvelle. Le déni fut – et reste – l’arme utilisée pour refuser de débattre d’un phénomène politique qui se trouve en contradiction avec sa propre vulgate, et cela quel que patent soit le phénomène, et absurde la vulgate. C’est pourquoi, avant d’aborder la question de l’islamisme, j’ai trouvé utile de faire un détour par certaines attitudes d’intellectuels progressistes parmi les plus brillants à propos de dictatures ou de régimes totalitaires (léninisme, stalinisme, maoïsme, castrisme, autocraties tiers-mondistes…) dès lors que ceux-ci se réclamaient de la gauche.

Mes critiques s’adressent à ma Famille, celle des intellectuels de la gauche ou plutôt de la gauche de la gauche, champions toutes catégories en matière de déni. Il va de soi qu’elles visent leurs écrits, non leurs personnes. Les citations ici rapportées ont pour objectif de mettre en évidence l’esprit récurrent de certaines prises de position, et de tracer le fil qui relie une série de dénis successifs jusqu’au dernier avatar en date, le refus de regarder en face le fanatisme islamiste.

Les exemples relatifs à ce déni abondent. J’en présenterai un certain nombre, et, en contrepoint, je citerai des dénonciations de la « maladie de l’islam », pour parler comme Abdel Wahhab Meddeb, lancées par des résistants musulmans courageux et lucides comme Hélé Béji, Tahar Ben Jelloun, Ghaleb Bencheikh, Abdenour Bidar, Kamel Daoud, Boualem Sansal, Leïla Slimani, et d’autres, au péril de leur vie…

Autant de paroles précieuses que notre pusillanimité nous empêche de relayer comme il conviendrait. Oui, il y a chez les résistants musulmans une fierté magnifique, celle de la révolte bâtisseuse. Cette « grande lueur » que l’on croyait jadis apercevoir à l’Est, viendra peut-être du sud…

Les questions que je traite faisant toutes débat, sinon polémique, j’ai choisi de commencer par publier ce texte sous forme de feuilleton, genre inventé au XIXe siècle, mais en l’adaptant à notre âge numérique qui offre la possibilité de l’échange immédiat avec le lecteur. Et je suis reconnaissant à Marion Hennebert et Jean Viard, responsables des éditions de l’Aube, d’avoir spontanément accepté de me suivre dans cette aventure avant d’accueillir l’ouvrage dans leur catalogue.

L’époque étant ce qu’elle est, et les exacerbations idéologiques celles que vous savez, je m’attends évidemment à bien des critiques hostiles. Cela fait partie du jeu. Et je n’aime rien tant que le débat avec ceux qui ne partagent pas mes vues (quel serait d’ailleurs l’intérêt de discussions sans divergences ni oppositions ? On tournerait vite au « Je dirais même plus… » des Dupond-Dupont…)

Je serai, par conséquent, très heureux de bénéficier de vos réactions dont plusieurs m’amèneront vraisemblablement à nuancer et préciser certains de mes propos lorsque je ferai paraître le texte en volume. Nul doute qu’il contiendra nombre de compléments, voire de chapitres supplémentaires.

N’hésitez donc pas !

André Versaille



VOICI LE LIEN VERS LE PREMIER BILLET :

1. De notre irrépressible besoin de rallier le parti des idiots utiles

http://andreversaille.blog.lemonde.fr/category/1-de-notre-irrepressible-besoin-de-rallier-le-parti-des-idiots-utiles

ET VOICI LES INTITULÉS DE QUELQUES BILLETS SUIVANTS :

Dieu que l’émancipation était belle au temps des colonies !
Démocratie ! Laïcité ! Des discours à l’usage des Occidentaux
De notre posture de dominants repentis
De l’esclavage condamné ou ignoré selon l’identité des esclavagistes
Sommes-nous en guerre contre le terrorisme islamiste ?
De l’illusion de croire que l’on choisit ses ennemis
De la religion utilisée comme idéologie
De Sartre à Badiou, l’émergence d’une scolastique new-look ?
De la Révolution, sainte, libératrice et purificatrice
Retour à notre événement fondateur, la Révolution soviétique
De Simone de Beauvoir face à la violence révolutionnaire
Des intellectuels ralliés au PCF et de l’importance de ne pas désespérer Billancourt
De Sollers et des telqueliens, patinant joyeusement entre contestation maoïste et mondanités structuralistes
De l’islam considéré comme la solution et du terrorisme tenu pour la réaction d’opprimés
De la conviction que les islamistes finiront par nous rejoindre
De notre indécrottable occidentalo-centrisme
De notre mantra : « Attention, islamophobie ! »
Des musulmans considérés comme des bébés phoques : les amalgames d’Edwy Plenel
Des droits culturels versus droits de l’homme
De cet étrange antiracisme opposé à la laïcité
De la condamnation du culturalisme : quand Kamel Daoud est accusé d’islamophobie
Du multiculturalisme, fruit d’un tiers-mondisme dévoyé
De l’effroyable danger de l’assimilation
Des violences et du racisme dans les banlieues
Du passé, faisons table rase, et en avant pour la grande lessive…
De l’éloge d’une culture rikiki
De notre complaisance à notre lâcheté

© André Versaille — 2017